menú

Dos poemas traducidos al francés por Olivier Ragasol

[Porque llegas a lo estrecho (p. 31), in rev. Quaderno nº 1, Nantes, junio, 1998]


Parce que tu arrives à l'étroit, par les détroits langue
contre langue,
tu portes la marque des douanes.

Parce que tu renoues une Mémoire sans la moindre réminiscence,
à I'extrême,
iI remonte le cours des ans, traînant derrière lui ses glaçons.

Parce qu'avec eux émigrent les noms en terre étrange :

ne demande pas pourquoi ulysse et non pas l'autre, le généralissime, a livré en offrande les sept lesbiennes, quand toi, une oreille offerte au "tourbillon des métaphores", aux signes tu te fiais.

Là encore : nul ne détient l’ultime parole, celle qui tisse.
encore maintenant : je te conduis vers les voix de (Nueva) Extremadura.

(Stil-
leben
).

-/-

[Un ojo de voz (p. 27), in rev. Prétexte nº 21/22, París, 1998]

.

un œil de voix découvre le terroir ouïe, lisière mère, sa ruine:
jusqu'à elle traverse février.

sur ces bords, par-delà les plaines de la patiente, les pas d'eau ne retentissent presque plus.
en traversant l'unique fil, en bas, les trois maries ; en haut, aux pieds du poukara, l'agneau involontaire pour la lune de sel — la voix féminine arrivée au fond des volcans et des grottes arctiques (graux). respire! l'ange métamorphosé agonise, chaman, docteur gangétique, damiel? (bruno ganz), con la promesa del mundo sollozando entre su piel : (travelling latéral) : il plonge les doigts dans la bouche avec des gouttes de son propre sang, et son visage tout entier s'illumine.

en rentrant, le fil d'un coup
sec
s'est rompu? il résonne, l'œil ?